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•• Cette semaine sur Tënk – Le festival de Locarno

30 juillet 2021

À Locarno

Tous les ans, à Locarno, revient le début du mois d’août (comme presque partout ailleurs). Et au début du mois d’août, à Locarno, sur sa Piazza Grande et dans bien d’autres lieux de la ville, se tient depuis 73 ans l’un des plus grands festivals de cinéma d’Europe : le Festival du Film de Locarno !

Alors nous y consacrons cette semaine toute notre programmation.

Commençons par un film italien, La Natura delle cose, qui vous entraînera dans l’espace, ou bien dans la tête d’un homme, ou bien c’est pareil. C’est un dialogue, profond, avec Angelo, qui pour communiquer doit écrire ses mots avec ses yeux, seuls à rester mobiles quand tout son corps a flanché. « Les mots sont des montagnes que j’escalade pieds nus », dit-il. Le film dépasse l’empêchement physique pour entrer en empathie, construisant grâce au cinéma une « troisième dimension » au quotidien d’Angelo, une dimension pleine de vie, de souffle, physique, émouvante : « les émotions ne tomberont jamais malades » dit-il – oui, Angelo sourit.

S’agit-il aussi d’une troisième dimension, ou d’une quatrième ? les voix que certains souvent entendent dans leurs têtes ? On en parle, de ces voix, dans Arguments, de Olivier Zabat. Presque, on les entend : ce n’est pas un hasard si le film prend sa place sur notre plage Écoute !

Plusieurs sections du festival sont présentes dans les films que vous pourrez découvrir cette semaine. No Home Movie, le dernier film de Chantal Akerman, figurait dans la compétition officielle en 2015. Consacré à sa mère, femme traversée par l’Histoire, ce fut le dernier film de la réalisatrice, qui disparut la même année…

Le « Concorso Cineasti del Presente », lui, est consacré chaque année aux premiers ou deuxièmes longs métrages de cinéastes émergents. C’est le cas de nos deux films « culinaires » de la semaine : L’apprendistato, qui suit un jeune homme qui apprend l’art du service hôtelier… ou l’art de s’effacer au service des autres. Et Closing Time, film atmosphérique dans la nuit de Taipei, aux côtés de cuisiniers noctambules…

Et c’est dans la sélection « Signs of Life », qui explore les formes narratives inédites, que figurait en 2016 Ascent, le film de l’artiste Fiona Tan, impressionnant travail de collection photographique centré sur le Mont Fuji, son imaginaire, ses légendes… son mythe.

Enfin, ne manquez pas notre étrange Coup de cœur de la semaine ! Acid Forest, premier témoignage direct (à notre connaissance) de ce que pensent les cormorans des humains. D’en haut, de tout en haut perché sur les arbres, le film observe un défilé de « touristes de la désolation » venus apprécier le spectacle d’une forêt morte du fait des déjections des volatiles « trop » nombreux. Chaque plan du film invite, entre autres, à l’appréciation de ce « trop », et bien plus encore – laissons les mots à notre programmateur Aurélie Marsais : « en proposant l’observation des humanoïdes perdus dans leur propre environnement (…), on finirait par se demander quel spectacle est le plus alarmant. Notre ignorance et notre interventionnisme anthropocentré auront-ils raison de nous ? »

Sur ce : bons films !