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Démocratie chérie ?

9 octobre 2020

Démocratie et lampe à huile.

Une Convention citoyenne pour le climat, c’est joli. Il y a les mots « participatif » et « tirage au sort » dedans. Il y a aussi, dedans, 149 propositions issues de longs mois de travail, dont 146 avaient été retenues. Par exemple, un moratoire sur le déploiement de la 5G. On sait comment les Amish sont intervenus par la suite dans ce débat : par des petites formules à la première personne du singulier.

Démocratie et betteraves.

Par 313 voix contre 158, le 6 octobre 2020, les députés français ont réautorisé l’usage de néonicotinoïdes, ensemble de sept insecticides neurotoxiques, aussi qualifiés de « tueurs d’abeille », interdits de haute lutte en 2018. Qu’importe qu’un principe de « non-régression » des lois environnementales ait été voté en 2016. Il s’agit de ne pas mettre en difficulté les agriculteurs du secteur, c’est important. Une décision applaudie par le producteur de sucre Cristal Union.

Démocratie et ballons de baudruche.

Amnesty International, entité relativement crédible concernant la défense des droits de l’Homme, a publié le 29 septembre dernier un rapport d’enquête qui estime que depuis fin 2018, la répression des manifestations a été d’une ampleur inédite en France, « les autorités instrumentalisant des lois contraires au droit international pour verbaliser, arrêter arbitrairement et poursuivre en justice des gens qui n’avaient commis aucune violence. » (Oui, c’est la cas de Sophie, arrêtée après avoir gonflé des ballons de baudruche « en vue de la préparation de violences »)

Démocratie et gilets pare-balles.

À St Nazaire le Désert, Drôme, population : 174 habitants, 19 enfants de 5 à 10 ans composent la classe unique du village. Le 5 octobre, à 16h30, heure du goûter, des gendarmes munis d’armes et de gilets pare-balles attendaient devant l’école : il s’agissait de bien signifier aux parents qu’un oubli de masque leur coûterait 135 euros. Armés. Devant l’école.

Démocratie chérie ?

Notre Escale de la semaine parle de démocratie et de justice sociale. Elle a été conçue en partenariat avec la Fédération des centres sociaux français, structures de proximité animatrices de la démocratie locale et soutiens aux habitants des quartiers. Les films présentés ci-dessous nous viennent de 1952 ou de 2018, du Brésil ou de France. Et ils nous parlent tous d’aujourd’hui. Des dévoiements du système électoral, des extrémismes qui se décomplexent, de la guerre, même, mais aussi des réactions à tout cela : l’invention, la lutte, la solidarité. Gardons cela en tête.

Bons films !

P.S. Dernière semaine pour regarder les films de l’édition 2020 des États généraux du documentaire de Lussas