Le blog de Tënk > Programmation

Cette semaine sur Tënk

4 janvier 2019

Toute l’équipe de Tënk vous souhaite une joyeuse année 2019 !

Découvrez le court métrage décapant d’Inès Rabadan, Karaoké domestique. Trois femmes de ménage et trois employeuses abordent la question des tâches ménagères et de la hiérarchie, du respect et du statut social, des habitudes et des rêves… Le procédé utilisé par la réalisatrice belge, qui se met elle-même en scène, nous donne à voir et à entendre cette parole de manière à la fois intime et distanciée. Notre coup de cœur de la semaine !
Et si vous souhaitez connaître davantage l’univers d’Inès Rabadan, connue pour son intérêt particulier pour l’invention de formes narratives, rendez-vous sur la plage Regards de Belgique ! Elle partage avec vous cette semaine un film marquant de son parcours de spectatrice et vous propose de regarder Rage de Guy-Marc Hinant et Dominique Lohlé.
Acid techno, rave parties, désordre, instinct de vie et de mort, bruit… Elle nous confie à propos de Rage : « Ce film est un monstre, la vie entre dedans à fond. » Une sourde clarté émerge : obéir ? À quoi bon.

Écoutez leur langue créole qui claque et leurs pieds qui vibrent sur la terre basaltique en mémoire aux ancêtres ! Sophie Louÿs réalise Dann fon mon kèr : des poètes réunionnais se succèdent dans le cercle, le « ron »,  pour déclamer leurs textes. Dans les années 70, à la Réunion, des poètes ont fait le choix d’écrire de la poésie en créole afin de lutter contre un politique assimilationniste menée par l’État français. « Oté fonnkézèr, detak la lang, demay lo kèr » (Oh poète, débloque ta langue, démêle ton cœur), souffle Axel. Et si la poésie avait cet étrange pouvoir d’aider à panser les plaies et les injures de l’Histoire, si elle était une manière d’être au monde, alors, sur l’île de La Réunion, elle se nommerait « fonnkèr » (fond’cœur).

À la fin de la Seconde Guerre mondiale, le gouvernement allemand décide d’indemniser les juifs rescapés des camps de concentration en leur offrant notamment une cure thermale tous les deux ans.
« C’était pour moi la possibilité de raconter la Shoah d’une manière singulière. À l’exemple de Maus, la bande-dessinée de Art Spiegelman » dit le réalisateur Charles Najman à la sortie de son film, au titre évocateur : La mémoire est-elle soluble dans l’eau ?  Comme en écho à la sacralité et au monumental du Shoah de Claude Lanzmann, il invente sa petite musique pour recueillir le témoignage de sa mère, Solange, et d’autres rescapés des camps nazis. Entre fiction et documentaire, comédie et tragédie, ce film raconte la vie après Auschwitz dans l’ambiance surréaliste d’un établissement thermal. La nuit et le brouillard envahissent subitement les rives lumineuses du Lac Léman. L’oubli est impossible.

Enfin, en guise de rappel : vous n’avez plus qu’une semaine pour regarder notre coup de cœur Voyage en sol majeur, ou encore Nyo Vweta NaftaDream Box et La Métamorphose d’Agnès Sorel.

Bons films !