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Cette semaine sur Tënk

19 octobre 2018

Vous commencez à le savoir : tout au long de l’année, nous aimons mettre en valeur des festivals de cinéma pour vous faire découvrir, depuis chez vous, la diversité d’œuvres récentes réalisées de par le monde.
Aujourd’hui, c’est le festival international de cinéma DocLisboa – qui se tient en ce moment à Lisbonne, du 18 au 28 octobre -, que nous mettons à l’honneur avec une programmation de trois films : Ama-San (notre coup de cœur), Interior et Spell Reel.

Dans un endroit isolé du Japon, une communauté de femmes pêcheuses préserve harmonieusement ses traditions. Chaque jour, les Ama-San plongent en apnée dans la mer à la recherche d’algues, de crustacés et de coquillages, qu’elles utilisent pour se nourrir ou faire du commerce. Elles ont entre 50 et 85 ans et sont des « chasseuses des mers ». Cette coutume, et technique extraordinaire, est vieille de plus de 2 000 ans. Ama-San a été présenté en Compétition portugaise à Doclisboa 2016.

Interior : des femmes et des hommes se succèdent entre les murs d’une chambre d’hôtel à Cali, en Colombie. Dans ce décor épuré, la cinéaste Camila Rodriguez Triana saisit l’empreinte de ces habitants furtifs et installe le spectateur dans un huis-clos captivant.

Le point de départ de Spell Reel est une archive exceptionnelle : au cours des années 60, en Guinée-Bissau, le leader indépendantiste Amilcar Cabral envoie de jeunes gens à Cuba pour se former au cinéma. À leur retour, ces cinéastes deviennent les observateurs particuliers de la lutte pour l’indépendance de leur pays (1963-1974). Les images qu’ils ont filmées à cette époque sont les seules qui documentent la décolonisation d’un point de vue africain. La réalisatrice Filipa César se saisit de ces images et construit une œuvre puissante en interrogeant la disparition de cette archive et l’effacement de l’héritage collectif qu’elle porte.

À travers le film Donna Haraway: Story Telling for Earthly Survivalfaites la connaissance de Donna Haraway, philosophe, primatologue et féministe, qui a bousculé les sciences sociales et la philosophie contemporaine.
Tout est dans le titre : « Histoire(s) pour la survie terrestre » ! Rien de moins. Compagnons domestiques, microbiote, plantes, aliens, tous les existants peuvent et doivent être associés à ces nouvelles configurations de vies à inventer. C’est un véritable appel à l’insurrection que défend Haraway (alors qu’une méduse glisse dans son dos) : « il reste un tout petit peu de temps, pas beaucoup, pour nous révolter. Il faut se mobiliser pour certains mondes, et contre d’autres. » Electrisé par la drôlerie et la vivacité de sa protagoniste, le film est à la fois le contrepoint et l’antidote – subversif, généreux, dérangeant – de la pensée réactionnaire et débilitante qui colonise nos ondes. À ne surtout pas manquer !

À l’été 1990 dans le Golfe du Morbihan, on pouvait ramasser les palourdes à pleines mains. Des jeunes hommes abandonnaient leurs petits boulots et pêchaient en bandes, ils gagnaient des sommes prodigieuses en ne travaillant que 4 heures par jour, les jours qu’ils voulaient. Dans L’Abondance, mythe de ruée vers l’or, Pascale Bodet se met en quête de ce qui a un jour été sous cette vase, et de ce qu’il en reste aujourd’hui.

Enfin, ne passez pas à côté de notre Fragment d’une œuvre consacré à Nicolas Philibert : vous avez encore une semaine pour voir La Maison de la radioNénette ou encore Un animal, des animaux. Aussi, (re)gardez Les Pieds sur Terre.

Bons films !