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•• Cette semaine sur Tënk

19 juin 2020

« Notre code génétique en Afrique nous rend forts. Nous sommes résistants. Maintenant il faut qu’on ajoute l’intelligence. »

L’homme qui prononce ces mots intelligents est britannique, blanc, il vit au Ghana. Il porte un t-shirt sur lequel est inscrit « I am not a white man« . Il aime la discipline et semble fier de l’originalité de sa philosophie : « si tu veux réaliser tes rêves, il va falloir travailler dur et faire des sacrifices. » Tout au long de Girls Don’t Fly, il impose ses règles à des jeunes femmes coincées entre désirs d’avenir, obligations financières et soumission au chef manipulateur. La domination qu’il exerce, le rôle d’éducateur qu’il s’auto-administre, la moralisation à deux balles, l’apparente bonne conscience… C’est un film dur : tout dans cet homme et dans le système dont il profite, rappelle que la colonisation passée est bien présente.

Sur la même plage Premières bobines, consacrée cette semaine à la Filmakademie Baden-Württemberg, retrouvez Der innere Krieg, une observation d’une communauté particulière : celle de l’hôpital d’une base américaine située au fin fond de la province allemande. Un lieu marqué par les traumatismes des soldats, rouages des « Grands Jeux géopolitiques »…

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Deux films singulièrement proches dans leurs démarches constituent notre programmation autour de la manifestation Cannes Docs, consacrée aux professionnels du documentaire, et qui a lieu en ce moment en ligne. Deux films dans lesquels les réalisatrices fouillent des pans cachés de l’Histoire via leurs histoires familiales. D’un côté, dans À Mansourah, tu nous as séparés, encore une histoire de colonisation, qui cherche à rompre le silence qui entoure ses événements les plus terribles : les déportations opérées par l’armée française pendant la guerre d’Algérie. De l’autre, dans Ibrahim, la réalisatrice explore en famille le souvenir de son père disparu, et révèle à travers lui les luttes fratricides au sein du mouvement de libération palestinien.

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Qui n’a jamais rêvé de passer un temps au cœur de l’office HLM de la ville de Naples ? Aperti al pubblico vous offre cette opportunité, pour y découvrir, bien plus que la poussière et la bureaucratie attendues, les humains qui composent ce « théâtre de l’absurde », distordant en permanence les schémas rigides imposés par l’institution…

Enfin, une étrange histoire de désir, dans Los que desean. Des hommes qui se rassemblent, des oiseaux multicolores, et des noms : Chambi, Titi, Ciseaux, Capitaine, Sauce Mojo, Queue jaune, Petit blanc, Montepinar, Lincoln, Prince, Bataclan, Lover… ce sont les pigeons. Mais aussi : Lolo, Javier, Abel, Brian, Carrurro, Alfonso, Agustin, Antonio, Fernando… ce sont les hommes, qui jouent à un jeu de désir, celui des pigeons pour la pigeonne, un jeu qui certainement révèle un peu de leurs cœurs d’hommes…

Bons films !