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Découvrez une sélection de films primés au FIDÉ

1 avril 2021

Même annulé, le Festival International du Documentaire Émergent (FIDÉ) reste vivant sur Tënk. Attaché comme nous le sommes aux premières bobines nous ne pouvions pas ne programmer une sélection de films primés lors des dernières éditions du festival.

Que ce soit à travers le point de vue subjectif dans Pain is Mine, l’auto-fiction dans Int.Anouchka-Nuit ou le voyage à l’arrière d’un camion transformé en caméra obscura dans Limbo, ces trois films tirent leur force de leur dispositif.
Films issus de la sélection du Festival International du Documentaire Émergent (FIDÉ) – un festival créé en 2008 et organisé par des professionnel·les et des étudiant·es en cinéma présentant un riche programme d’oeuvres documentaires provenant d’universités, d’écoles et d’ateliers ou de premières œuvres autoproduites.

 

Pain is Mine

Réalisé par Farshid Akhlaghi (2018, 13 minutes)

Notre avis : « Farshid Akhlaghi nous fait vivre avec « Pain is Mine » une expérience en vue subjective et en temps réel. La descente suffocante d’un lit, les soupirs de souffrance et le corps malade nous minent, puis nous amènent « un peu plus loin ». Toujours dans le huis-clos de la chambre, toujours arrimés à la douleur pourtant, nous écoutons un souffle se libérer, une respiration s’apaiser grâce au trait dessiné d’un animal ami ou dans la mélodie de quelques cordes.
Où se situe notre douleur ? Où se trouvent notre joie et notre force à vivre ? »

Le résumé : Un jour, une pièce, une prise. Après son opération à la colonne vertébrale, elle avait toujours mal, une douleur intense, une douleur insupportable. Les analgésiques étaient son refuge depuis longtemps, mais un jour elle a décidé d’arrêter.

Int.Anouchka-Nuit

Réalisé par Louise Hansenne (2019, 20 minutes)

Notre avis : « Le documentaire et ses faux-semblants… Jean-Luc Godard, cité par Yolande Zauberman : « le documentaire, au bout du compte, ce devait être de la fiction et la fiction, au bout du compte, ce devait être du documentaire. »
On peut essayer de démêler ce qui ressort du témoignage et du jeu d’actrice ; de la mise en situation et de la mise en scène ; du portrait, de la thérapie, du réel et de la métafiction. Il n’empêche : si tous les détours entravent l’accès à la vérité, c’est pour en accroître l’éclat.
Anouchka est prise dans le double enfermement du titre (l’intérieur et la nuit), qu’augmentent encore le format du cadre, resserré sur les visages, les fonds sombres des images, et les coupes noires, abruptes, qui laissent au bord d’abîmes intérieurs.
Mais s’agit-il vraiment de sortir de la nuit ? Demeure, « au bout du compte », la lutte d’Anouchka pour continuer à papilloter dans l’obscur. »

Le résumé : Anouchka est une scénariste de 30 ans. Elle doit travailler dans un bar à vin pour gagner sa vie. En pleine dépression, son amie réalisatrice lui propose d’écrire un scénario sur ses 15 dernières années d’alcoolisme. Devant la caméra, Anouchka se livre et le scénario prend vie. Mais les deux amies ne sont pas d’accord sur la fin de l’histoire.

 

Limbo

Réalisé par Alexander L. Fattal  (2019, 25 minutes)

Notre avis : Le dispositif veut réaliser l’ambition de la citation de Max Ernst qui ouvre le film. Il y a « l’œil intérieur » d’Alex, celui de sa mémoire, du témoignage de ses batailles et des blessures qu’il rouvre ; il y a « l’œil extérieur » des images du pays projetées sur les parois d’un camion devenu chambre noire. Ces images, même renversées et anamorphosées, semblent anodines face à la déchirure intérieure – mais leurs ombres s’impriment sur le visage d’Alex. Comme si, tout en restant à l’orée du trauma, il lui était donné, à partir d’images du territoire, de retourner dans le temps – de retourner la terre noire du temps, et voir les plaies en lui et celles de son pays. Est-il possible de laisser le passé derrière soi ? Est-il possible de quitter les limbes et les engagements d’une existence qu’il continue d’imprégner ? Le film héberge Alex à cette charnière disjointe du temps, pour tenter une réparation.

Le résumé : Un voyage dans la vie d’Alex, ancien guérillero chez les FARC, au cours duquel il se retrouve confronté à ses démons. À l’intérieur d’un camion transformé en chambre noire, Alex nous raconte son expérience de la guerre et les séquelles laissées par celle-ci.