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France Inter – « Absolut Warhola » : bienvenue chez les cousins slovaques d’Andy Warhol

25 janvier 2021

Ce documentaire est à voir gratuitement sur Tënk, en partenariat avec France Inter. « Absolut Warhola » est un périple insolite, tantôt drôle tantôt émouvant, dans le village d’origine des parents d’Andy Warhol, en Slovaquie. Ses cousins, que l’artiste n’a jamais connus, méritaient bien leur quart d’heure de célébrité.

Si je vous dis que je vous emmène sur les traces du roi du pop art, vous allez penser que nous partons à New York. Pas du tout. Nous allons en Slovaquie, un pays où Andy Warhol n’a pourtant jamais mis les pieds.

« Absolut Warhola » est à voir gratuitement sur Tënk jusqu’au 2 février 2021, grâce à un partenariat avec France Inter. Bienvenue à Mikova, petite bourgade non loin de la frontière polonaise. C’est là que vivaient les parents d’Andy Warhol, avant d’émigrer aux États-Unis. Andy, lui, est né à Pittsburgh, mais ça n’empêche pas les habitants de ce coin perdu de Slovaquie d’être fiers, très fiers, de ce lien de parenté. Même s’ils insistent pour appeler l’artiste Andrej Warhola, son nom à l’état civil.

Un surprenant musée

Figurez-vous qu’il y a, à Medzilaborce, pas loin de Mikova, un grand musée Andy Warhol. Musée étonnant dans cette région rurale et pauvre. C’est ce qui a conduit Stanislaw Mucha, le réalisateur de ce documentaire, à faire le voyage depuis l’Allemagne. Son film est intitulé « Absolut Warhola » parce que Warhol a consacré plusieurs tableaux à la vodka Absolut et parce que, disons-le, les gens qu’il rencontre ont un lever de coude assez franc… D’ailleurs, l’un des cousins Warhola lâche cette phrase géniale : « C’est dommage qu’Andy soit mort, autrement il amènerait une bouteille de vodka et on boirait un coup. »

Les racines slovaques de l’artiste sont surtout un prétexte pour rencontrer des gens, souvent très attachants. On part avec eux à la cueillette aux champignons, on assiste à une dégustation de lard fumé maison. Mais on est aussi témoin du racisme glaçant dont sont victimes les Tsiganes. Et puis il y a le tabou de l’homosexualité : les gens, à Mikova, refusent catégoriquement de croire qu’Andy était « tu sais quoi ». Le mot « homosexuel » semble leur brûler les lèvres. Le film date de 2001, peut-être les mentalités ont-elles évolué, depuis. Le mérite de ce film est aussi de proposer un instantané de ce recoin d’Europe un peu paumé, dix ans après la chute de l’empire soviétique.

 

Quart d’heure de célébrité slovaque

Je retiens aussi le moment surréaliste où une cousine d’Andy Warhol, que l’on devine assez pauvre, raconte ceci :

« Un jour, Andy nous a envoyé des États-Unis une valise pleine de tableaux de lui. Des paysages et des portraits. Bon, ils ne nous plaisaient pas trop. Donc on en a mis certains au grenier et on a utilisé les autres pour faire des trompettes pour les enfants. Puis il y a eu une inondation, alors on a vidé le grenier et on a tout jeté. Personne ne savait qu’ils avaient une telle valeur. Tous étaient signés Andy Warhol. »

Cette femme réalise-t-elle qu’elle serait sans doute millionnaire si son grenier n’avait pas été inondé ? Mais on passe à autre chose, on n’en fait pas un fromage. On fait aussi la connaissance, à Mikova, d’une adorable dame de 90 ans qui, en voyant son reflet dans l’objectif de la caméra, s’écrie : « j’ai l’air d’une vieille grenouille ! » Et puis elle se met à disserter sur la mort, en rigolant. Assurément, certains des cousins Warhola méritaient leur « quart d’heure de célébrité ». Une expression signée…  Andy Warhol.

« Absolut Warhola » : à voir gratuitement sur Tënk, jusqu’au 02/02/21.

Dorothée Barba, Productrice


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