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Cette semaine sur Tënk

25 août 2018

À Lussas, petit village ardéchois, vibre cette semaine la 30e édition des États généraux du film documentaire ! Pour Tënk, plateforme SVoD née dans le sillon de cette belle énergie trentenaire, le plaisir est grand de pouvoir proposer aujourd’hui une programmation faisant écho à la singularité et à la qualité de ce beau festival.
Nous avons convoqué des films forts, pour la plupart issus de cette 30e édition ou ayant été remarqués lors d’éditions précédentes, des films qui donnent à sentir la tonalité plurielle du festival, l’extraordinaire potentialité de cette forme cinématographique que soutient Lussas, chaque année, comme Tënk chaque semaine !

Pour celles et ceux qui n’ont pas l’occasion de vivre cette semaine de festival avec nous, on vous a mijoté une sélection de films de l’année…

Découvrez notre coup de cœur – séance spéciale 2018 – : Ne travaille pas (1968 – 2018) de César Vayssié. Attention, en ligne uniquement une semaine…
Elsa et Gabriel sont étudiants aux Beaux-Arts de Paris. Ils partagent une relation amoureuse et une recherche artistique. Ils deviennent artistes dans une époque désorientée. Sans parole, hypnotisé par la musique du tandem Avia x Orly, le montage fusionne les gestes, les signes, les évènements du monde et la vie quotidienne des deux étudiants de mars 2017 à mars 2018.

D’ici là de Matthieu Dibelius – Journée Scam 2018 – nous raconte l’histoire de Koffi. Koffi conduit des personnes « en situation de handicap et à mobilité réduite ». Calme et silencieux, il part chaque jour sillonner Paris dans son véhicule.
 Attentats, état d’urgence, manifestations, campagne électorale : rien ne semble pouvoir interrompre le temps suspendu de son vaisseau qui le tient à distance de l’agitation d’une capitale dans la tourmente. À l’intérieur, installé avec les passagers, le cinéaste Matthieu Dibelius nous offre un temps de méditation précieux sur le monde.

Présenté hier à la séance en plein air : Tan d’Elika Hedayat. « Tan » (« corps » en farsi) est un projet né de la rencontre d’une artiste avec Ismaïl, Alireza et Hadi. À travers l’histoire de ces trois personnages issus de deux générations de l’Iran contemporain, Elika Hedayat – peintre et cinéaste – tisse une réflexion sur le corps, entre culte et mutilation. Mutilés par la guerre ou sculptés pour les podiums, les corps des protagonistes viennent incarner l’homme idéal, héroïque. Un questionnement qui dépasse largement les frontières de l’Iran.

Regardez Jusqu’à ce que le jour se lève de Pierre Tonachella – Sélection Docmonde 2018. Dans l’oubli et les marges de la lointaine périphérie des villes, Pierre, jeune chômeur, affronte sa solitude, cogite. Ses amis, tous employés du tertiaire, intérimaires du bâtiment ou chômeurs, partagent leurs semaines entre labeur et week-end de fête. À leurs côtés, Théo, martèle des déchets de plastique et de ferraille en chantant. Tous arpentent ce même territoire de champs plats, là où les cris de joie arrachés au quotidien côtoient les signes annonciateurs de temps obscurs. Pour tenter de faire d’une fuite, une évasion. Une fable radicale et politique.

Nous vous invitons également à regarder Au pays des oranges tristes, court métrage réalisé par Dhia Jerbi, étudiant à l’École documentaire de Lussas cette année. Ce film, au-delà de rejoindre la programmation Premières bobines consacrée à cette formation, vient également d’être présenté cette semaine dans la sélection Expérience du regard.
Empruntant son titre à un récit de l’auteur palestinien Ghassan Kanafani, Dhia Jerbi développe deux mouvements de la paternité : l’exil et la transmission. Le fils, devenu père, semble frappé de solitude, de douleur et d’abandon, vis-à-vis de l’aimée, de sentiments à recomposer, de sa propre place de fils, et d’un monde devenu étranger… Cette peine d’exil est combattue par ce dont le réalisateur hérite : le langage des ancêtres, un regard neuf sur un monde fragile – et la poésie, qui nous lie à la communauté humaine.

Et un documentaire sonore dont la thématique de la paternité est aussi abordée : L’Écorce et le Noyau des québécois·ses Daniel Capeille, Marie-Laurence Rancourt et Mehdi Cayenne.

Enfin, rendez-vous en bas de la lettre pour voir quels films vous de devez pas manquer avant leur sortie de programmation.

Bons films !