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Cette semaine sur Tënk

1 mars 2019

Notre Coup de cœur de la semaine est Le Bouton de nacre du cinéaste chilien Patricio Guzmán, connu pour son travail documentaire sur l’Histoire du Chili (La Bataille du Chili, Chili, la mémoire obstinée, Nostalgie de la lumière).

Le Bouton de nacre est une histoire sur l’eau, le Cosmos et nous. Elle commence avec deux mystérieux boutons découverts au fond de l’Océan Pacifique, près des côtes chiliennes aux paysages surnaturels de volcans, de montagnes et de glaciers. À travers leur histoire, nous entendons la parole des indigènes de Patagonie, celle des premiers navigateurs anglais et celle des prisonniers politiques. Certains disent que l’eau a une mémoire. Ce film montre qu’elle a aussi une voix… Dans la lignée de Nostalgie de la lumière, voici un nouveau poème cinématographique sans concession pour les bourreaux et indéniablement conscient de l’humaine disposition à la contemplation.

Sur notre Plage REGARDS DE BELGIQUE, découvrez le film de la réalisatrice Marta Bergman, Un jour, mon prince viendra… Trois jeunes femmes roumaines sont en quête d’un mari occidental. Pour trouver cet homme, elles ont recours aux petites annonces et aux agences matrimoniales. Autour d’une photo ou d’une lettre d’Italie ou d’ailleurs, elles brodent le feuilleton du bonheur dont elles sont les héroïnes.

Présenté en duo d’Un jour, mon prince viendra…, Marta Bergman partage avec nous Petite Conversation familiale de Hélène Lapiower. Hélène Lapiower filme sa famille de petits tailleurs juifs pendant 7 ans durant les années 90. Elle raconte : « Quand j’ai commencé à filmer ma famille, j’avais envie de conserver les images de mon propre monde, qui semblait me filer entre les doigts. Un petit monde juif en voie de disparition. Je voulais aussi faire le lien entre deux univers. Moi, actrice à Paris, et ma famille de prolétaires juifs polonais émigrés. » Chacun révèle son rapport à l’identité juive, son poids, sa transmission.

Côté Musique, nous vous invitons à une plongée dans le travail de l’Orchestre de Paris avec Couleurs d’orchestre, et à une errance avec le musicien El Gallo sur l’île de Cuba avec Cuba Feliz.

Couleurs d’orchestre se propose d’extraire l’orchestre symphonique de son abstraction, de lui donner du corps, de l’humaniser, pour prendre la mesure du travail qui précède et accompagne le concert. Nul besoin d’être mélomane pour se passionner pour ce film. Sans voix off ni commentaire, la caméra nous fait entrer dans le quotidien des répétitions. Tout se fait ici dans le détail, la nuance, une exigence de chacun pour que l’ensemble sonne juste. Et soudain, ce que l’on n’entendait pas émerge d’un coup, prend toute son importance… Il ne suffit pas que de notes et d’instruments pour créer une symphonie, faut-il encore que tout un chacun s’accorde à l’autre !

La Havane, 1999. Le regard pensif d’El Gallo, 76 ans, musicien des rues, ouvre et ferme le film Cuba Feliz : c’est bien un songe qui nous est offert en partage. Dans ses fictions et documentaires, Karim Dridi, toujours attentif aux laissés-pour-compte, nous mène là où le blues croise le rire, la joie et la fête éternelle. Cuba est un creuset aussi riche que discret. Là, l’improvisation est ouverte au partage, les amitiés traversent ruelles, maisons pauvres ou transports publics du matin jusqu’aux tréfonds de la nuit.

Et en exclusivité, avant sa sortie en salle, regardez sur Tënk le film de Naruna Kaplan de Macedo, Depuis Mediapart. Sur fond de dossiers comme l’affaire Beaupin, Football Leaks, les financements libyens, le film nous donne à voir comme jamais les coulisses du journal indépendant en ligne Mediapart (encore 9 jours).

Enfin, vous avez encore une semaine pour regarder les trois films de Sergey Dvortsevoy : Paradis, Le Jour du pain et Highway.

Comme toujours, bons films !